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AnglaisTerminaleChapitre 1/5

Imaginaires

Plonge au cœur des nombres qui ont révolutionné les maths et qui sont partout dans notre monde moderne.

En terminale, tu vas découvrir un concept mathématique fascinant qui dépasse les limites des nombres réels : les nombres imaginaires et complexes. Ce chapitre n'est pas une abstraction pure ; il est fondamental pour la physique, l'ingénierie et l'informatique. Tu vas apprendre à les manipuler, les visualiser et comprendre leur utilité concrète.

Objectifs du chapitre

  • Maîtriser la définition et les opérations de base avec le nombre i et les nombres complexes.
  • Savoir représenter un nombre complexe dans le plan (forme algébrique et forme trigonométrique).
  • Résoudre des équations du second degré à discriminant négatif et comprendre le théorème fondamental de l'algèbre.

1La naissance du nombre i : sortir de l'impasse

Pendant des siècles, une équation comme x² = -1 posait problème car un carré n'est jamais négatif dans les nombres réels. Pour lever ce blocage, les mathématiciens ont inventé un nouveau nombre, noté i, défini par sa propriété fondamentale : i² = -1. Ce n'est pas un nombre "réel" au sens où tu l'entends, mais un outil conceptuel puissant. À partir de i, on construit tous les nombres imaginaires purs (comme 3i ou -2i). En les combinant avec les nombres réels, on obtient les nombres complexes, de la forme a + ib, où a et b sont des réels.

Exemple

L'équation x² = -4 n'a pas de solution réelle. Mais avec i, on trouve : x² = -4 = 4 × (-1) = 4i². Donc x = √(4i²) = ± 2i. Les solutions sont 2i et -2i.

i² = -1. Un nombre complexe s'écrit : z = a + ib, avec a (partie réelle) et b (partie imaginaire) des nombres réels.
Astuce

Pour ne pas confondre, pense que i est un symbole avec une règle de calcul spéciale (i²=-1), comme √ ou π. Tu le manipules comme une lettre, en appliquant cette règle quand tu vois i².

2Le plan complexe : une carte pour visualiser

La grande force des nombres complexes est qu'on peut les représenter géométriquement. On utilise un plan, appelé plan complexe. L'axe des abscisses est l'axe des réels, et l'axe des ordonnées est l'axe des imaginaires purs. Ainsi, le nombre complexe z = a + ib est représenté par le point M de coordonnées (a ; b). Cette vision géométrique est incroyablement puissante. Elle te permet de voir l'addition de complexes comme une addition de vecteurs, et introduit des notions comme le module (distance OM) et l'argument (angle).

Exemple

Le nombre z = 3 + 2i se place au point de coordonnées (3, 2). Son symétrique par rapport à l'axe des réels, 3 - 2i, est son conjugué. Le module de z, noté |z|, est la distance OM = √(3² + 2²) = √13.

Pour z = a + ib : - Module : |z| = √(a² + b²) - Conjugué : \bar{z} = a - ib
Astuce

Dessine systématiquement un petit repère quand tu travailles sur un complexe. Cela t'aide à anticiper les résultats (module, argument, symétries).

3La forme trigonométrique : le lien entre algèbre et géométrie

En observant le point M(a,b) dans le plan, tu peux aussi le repérer par sa distance à l'origine (le module r) et l'angle θ qu'il fait avec l'axe des réels (son argument). Cela donne la forme trigonométrique du nombre complexe : z = r (cos θ + i sin θ). Cette forme est ultra-efficace pour faire des multiplications, des divisions ou des puissances. Multiplier deux complexes, c'est multiplier leurs modules et additionner leurs arguments !

Exemple

Pour z = 1 + i√3. On a a=1, b=√3. Le module r = √(1+3)=2. Un argument est θ = π/3 car cos(π/3)=1/2 et sin(π/3)=√3/2. Donc z = 2 (cos(π/3) + i sin(π/3)).

Forme trigonométrique : z = r (cos θ + i sin θ), avec r = |z| et θ = arg(z). Multiplication : [r (cos θ + i sin θ)] × [r' (cos θ' + i sin θ')] = (r r') (cos(θ+θ') + i sin(θ+θ')).
Astuce

La forme trigo est ton amie pour les calculs de puissances (Formule de Moivre) et les racines n-ièmes. Pense à l'utiliser dès que tu vois des angles ou des puissances élevées.

4Résoudre des équations : le pouvoir des complexes

Avec les nombres complexes, toute équation polynomiale a au moins une solution (c'est le théorème fondamental de l'algèbre). Concrètement, en terminale, tu vas surtout résoudre des équations du second degré à discriminant négatif. La méthode est identique à celle que tu connais, mais le discriminant Δ est maintenant négatif. Tu l'écris Δ = -δ, avec δ > 0. Les solutions sont alors des nombres complexes conjugués, faisant intervenir i.

Exemple

Résoudre z² - 4z + 13 = 0. Δ = (-4)² - 4*13 = 16 - 52 = -36. On écrit Δ = (6i)². Les solutions sont : z = (4 ± 6i) / 2 = 2 ± 3i. Les solutions sont 2+3i et 2-3i (conjuguées).

Pour az² + bz + c = 0 avec Δ < 0 : Δ = -δ (δ > 0). Alors les solutions sont : z = (-b ± i√δ) / (2a).
Astuce

Quand Δ est négatif, ne panique pas. Remplace √(Δ) par i√(|Δ|) et applique la même formule. N'oublie pas que les solutions sont toujours conjuguées si les coefficients sont réels.

5Les complexes dans la vraie vie : bien plus qu'un jeu mathématique

Tu te demandes peut-être à quoi servent ces nombres "imaginaires". Ils sont en réalité indispensables. En électricité et en électronique, on les utilise pour modéliser les courants alternatifs (impédance complexe). En traitement du signal et en informatique, la Transformée de Fourier (basée sur les complexes) permet de compresser des fichiers audio ou image. En mécanique quantique, la fonction d'onde qui décrit un état physique est une fonction à valeurs complexes. Ce n'est donc pas qu'une curiosité, c'est un langage universel pour décrire les oscillations et les ondes.

Exemple

En électricité, une tension alternative V(t) peut s'écrire comme la partie réelle d'un nombre complexe V0 * e^(iωt). Cela simplifie énormément le calcul des relations entre tension et courant dans un circuit avec des condensateurs et des bobines.

Formule d'Euler (hors programme mais culturellement essentielle) : e^(iθ) = cos θ + i sin θ. C'est le lien ultime entre l'exponentielle et la trigonométrie.
Astuce

Pour ta culture et ta motivation, renseigne-toi sur les fractales (comme l'ensemble de Mandelbrot) qui sont générées par des itérations simples de nombres complexes. C'est visuellement bluffant !

Notions clés à retenir

Nombre imaginaire pur
Nombre de la forme ib, où b est un réel et i l'unité imaginaire (i²=-1). Exemple : 5i.
Nombre complexe
Nombre s'écrivant sous la forme z = a + ib, où a (partie réelle) et b (partie imaginaire) sont des réels.
Plan complexe (ou plan d'Argand-Cauchy)
Repère où l'axe des abscisses représente la partie réelle et l'axe des ordonnées la partie imaginaire d'un nombre complexe.
Module d'un complexe
Distance entre l'origine du plan complexe et le point représentant le nombre. Pour z = a+ib, |z| = √(a²+b²).
Conjugué d'un complexe
Pour z = a+ib, son conjugué est \bar{z} = a-ib. Géométriquement, c'est son symétrique par rapport à l'axe des réels.
Ketty