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Histoire-GéographieTerminaleChapitre 3/6

Le monde, l'Europe et la France depuis les années 1990, entre coopérations et conflits

Comprendre les grands équilibres du monde actuel, de la chute du Mur à la guerre en Ukraine, pour décrypter l'actualité et ton avenir.

Ce chapitre est au cœur de ton programme de terminale car il t'offre les clés pour comprendre le monde dans lequel tu vis. En étudiant la période qui va de l'effondrement du bloc soviétique à nos jours, tu vas analyser comment les espoirs d'un nouvel ordre mondial pacifique ont cédé la place à un monde plus instable, marqué par de nouvelles rivalités et de nouveaux défis.

Objectifs du chapitre

  • Analyser les conséquences de la fin de la Guerre froide sur l'organisation du monde.
  • Comprendre les dynamiques d'intégration et de fragmentation à l'œuvre en Europe.
  • Évaluer le rôle et la place de la France dans ce nouvel environnement international.

1I. 1991 : Un « nouvel ordre mondial » ? De l'euphorie à la désillusion

La chute de l'URSS en 1991 marque la fin de la bipolarité et la victoire apparente du modèle occidental (démocratie libérale, économie de marché). Les États-Unis, seule superpuissance, promeuvent l'idée d'un « nouvel ordre mondial » sous l'égide de l'ONU, fondé sur le droit international et la coopération. Cet espoir est rapidement terni. Dès les années 1990, le monde découvre de nouveaux types de conflits : guerres ethniques (ex-Yougoslavie, Rwanda), terrorisme transnational, et États « faillis ». L'interventionnisme occidental, comme lors de la guerre du Golfe (1991) ou au Kosovo (1999), montre aussi les limites de ce nouvel ordre et suscite des contestations.

Exemple

La guerre en Bosnie-Herzégovine (1992-1995) est un exemple frappant : au cœur de l'Europe, elle met en scène des conflits identitaires et nationalistes que la communauté internationale a du mal à arrêter, malgré le cadre de l'ONU. Le massacre de Srebrenica en 1995 en est le symbole tragique.

1991 : Fin de l'URSS = Fin de la Guerre froide et début d'une période d'« hyperpuissance » américaine.
Astuce

Pour bien comprendre cette période, oppose toujours dans ta tête la théorie (l'idée d'un monde pacifié et coopératif) et la pratique (la multiplication des conflits localisés).

2II. L'émergence d'un monde multipolaire et conflictuel (années 2000-2010)

Le 11 septembre 2001 est un tournant. La « guerre contre la terreur » lancée par les États-Unis (Afghanistan, Irak) marque un retour à l'unilatéralisme et affaiblit le multilatéralisme. Dans le même temps, de nouvelles puissances émergent et contestent l'hégémonie occidentale : la Chine devient une puissance économique et militaire majeure, la Russie de Poutine renaît en défiant l'ordre international, et des puissances régionales (Inde, Brésil) gagnent en influence. Le monde devient multipolaire, mais cette multipolarité est davantage source de rivalités (conflits commerciaux, cyberattaques, guerres par proxy) que de coopération stable.

Exemple

L'annexion de la Crimée par la Russie en 2014 est un cas d'école. Elle viole ouvertement le droit international et les accords de sécurité européenne post-1991, montrant le retour de la logique de sphères d'influence et de la force brute dans les relations internationales.

Astuce

Relie toujours les événements : la guerre en Irak (2003) affaiblit la légitimité de l'Occident et ouvre un espace pour les contestations de la Russie et de la Chine.

3III. L'Union européenne entre approfondissement, élargissement et crises

Pour l'Europe, la période post-1990 est un double mouvement. D'un côté, un approfondissement historique avec la création de l'euro (1999) et l'adoption de grands traités (Maastricht 1992, Lisbonne 2007). De l'autre, un élargissement spectaculaire à l'Est (2004, 2007) qui réunifie le continent mais crée aussi des tensions. L'UE est ensuite secouée par une succession de crises : rejet du traité constitutionnel (2005), crise économique et de la dette (2008), crise migratoire (2015), Brexit (2016). Ces crises révèlent les divisions entre États membres et remettent en question le modèle d'intégration « toujours plus étroite ».

Exemple

La crise grecque de la dette (2010-2015) a mis en lumière le conflit entre solidarité européenne et rigueur budgétaire, et a montré le poids dominant de l'Allemagne dans la gestion des affaires européennes.

Astuce

Pense à l'UE comme à un projet en tension permanente entre des forces centrifuges (souverainetés nationales, crises) et des forces centripètes (monnaie unique, marché commun, réponse aux crises).

4IV. La France : une puissance moyenne à la recherche d'un rôle

La France doit se repositionner après la Guerre froide. Elle perd son statut de pivot entre deux blocs mais reste une puissance militaire nucléaire, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, et un leader européen. Sa stratégie repose sur plusieurs piliers : le renforcement du couple franco-allemand comme moteur de l'UE, la défense d'un multilatéralisme actif, et une politique étrangère interventionniste (opérations militaires au Mali en 2013, en Syrie et en Irak contre Daech). Elle cherche aussi à peser dans les nouvelles rivalités, en promouvant une « troisième voie » entre États-Unis et Chine, mais son influence relative décline face aux nouvelles puissances.

Exemple

L'opération Serval au Mali en 2013 illustre la doctrine française : intervention militaire rapide et unilatérale pour défendre des intérêts (lutte contre le terrorisme, stabilité régionale) sous mandat international de l'ONU, mais avec une autonomie de décision.

Astuce

Pour analyser la politique étrangère française, retiens les trois « M » : Multilatéralisme (ONU, UE), Militarisme (force de projection), et Médiation (diplomatie active).

5V. Les défis globaux du XXIe siècle : un appel à la coopération ?

Face à des enjeux qui dépassent les États, la coopération internationale reste indispensable mais difficile. Le changement climatique, symbolisé par les accords de Paris (2015), en est le meilleur exemple : il nécessite une action collective, mais les engagements sont souvent insuffisants et inégalement respectés. De même, la gestion des pandémies (COVID-19) ou la régulation du numérique et de l'intelligence artificielle montrent les limites de la gouvernance mondiale. Ces défis communs créent un paradoxe : ils rendent la coopération plus nécessaire que jamais, dans un contexte géopolitique marqué par la défiance et la compétition.

Exemple

La pandémie de COVID-19 a déclenché à la fois une course mondiale aux vaccins (rivalité) et des initiatives de partage de doses via l'OMS (coopération limitée), résumant parfaitement les tensions de l'époque.

Astuce

Dans ta composition, utilise ces défis globaux comme élément de conclusion pour montrer que la dialectique coopération/conflit est plus que jamais d'actualité.

Notions clés à retenir

Multipolarité
Configuration des relations internationales où plusieurs pôles de puissance (États, groupes d'États) coexistent et s'influencent, par opposition à la bipolarité (Guerre froide) ou à l'unipolarité (hyperpuissance américaine des années 1990).
Unilatéralisme
Pratique d'un État qui prend des décisions ou mène des actions internationales (souvent militaires) sans l'accord ou en dehors du cadre des institutions multilatérales comme l'ONU.
Multilatéralisme
Mode d'action en politique internationale qui privilégie la négociation et la coopération entre plusieurs États, généralement au sein d'organisations internationales (ONU, OMC, etc.).
Guerre hybride
Conflit qui combine de manière fluide des moyens conventionnels (militaires), non conventionnels (terrorisme) et des outils de déstabilisation (cyberattaques, désinformation, pressions économiques).
Puissance moyenne
État qui n'a pas la capacité d'une superpuissance à influencer le système international dans son ensemble, mais qui dispose d'une influence significative à l'échelle régionale ou sur certains dossiers (ex : la France, le Royaume-Uni).
Ketty